Orgueil et Préjugés – Jane Austen

Il parait que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs confitures… C’est pourquoi je vous parle ici d’un classique de la littérature, et énorme coup de cœur : Orgueil et Préjugés, de Jane Austen. Publié en 1813, cette romance humoristique dépeint aussi bien les états d’âmes des personnages que les mœurs et coutumes de la société anglaise du XIXe siècle. De quoi donner envie de s’y plonger !

Résumé :

Mr. Bennet et Mrs. Bennet ont 5 filles à marier : Jane, l’aînée, Elisabeth (Lizzie), Mary, Catherine et Lydia, la benjamine. Malheureusement, elles n’ont pas de fortune, et la nonchalance du père, à l’instar de la sottise de la mère, ne vont pas les aider à trouver un mari. Pourtant, lorsque de nouveaux et riches arrivants s’installent près de leur bourg, elles tentent leur chance. La grâce et l’élégance de Jane vont faire mouche auprès du cher Mr Bingley, tandis qu’Elisabeth verra son égo faché par les manières de l’orgueilleux Mr Darcy… L’amour se trouve-t-il au-delà des premières impressions et de l’infortune ?

Titre original : First impressions, puis Pride and Prejudices (1813).

Pour vous donner envie de vous y plonger :

Même si les romances ne sont pas votre tasse de thé (petit clin d’œil à nos héroïnes britanniques), vous devez admettre que cette oeuvre mérite d’être une des plus significatives et connues du grand public. Et si vous ne pouvez pas en juger parce que vous n’avez pas lu le livre, c’est le moment ! CQFD.

Plus sérieusement, voici quelques faits et anecdotes sur le roman et l’auteure qui sauront, je l’espère, vous en apprendre davantage sur ce livre, et ainsi vous donner envie de vous y plonger :

  • Orgueil et Préjugés est le 2e roman majeur des six que l’auteure a rédigé au cours de sa vie ;
  • Véritable femme de lettre, soutenue et encouragée par sa famille, Jane Austen tenait tant à son anonymat (ou bien était-ce sa condition de femme qui l’empêchait de se proclamer écrivaine ?) qu’elle ne connut que peu de succès de son vivant, étant uniquement lue par la haute société ;
  • Enseignées depuis les années 1940, ses œuvres sont connues notamment pour la plume comique, sentimentale, mais surtout morale de l’autrice : en effet, bien que les dénouements de ses histoires soient heureux, il n’en demeure pas moins qu’il y est décrit combien les femmes de l’époque étaient dépendantes de tirer parti d’un bon mariage ;
  • Différents thèmes de l’époque sont abordés dans ce roman, tels que le statut social, la relation à l’argent, les mariages, les bals et autres distractions, ainsi que l’éducation.

Pourquoi j’ai aimé ce livre :

Quel plaisir de lire un texte si raffiné, si juste et dont l’histoire est si prenante ! Que ce soit l’intrigue, à la fois drôle, romantique et romanesque ; l’écrit, dont la plume est fine et juste ; ou encore le recul que le portrait dressé du XIXè siècle nous fait prendre sur notre quotidien : tout dans cette oeuvre tend à être valorisé.

D’une part, l’intrigue est bien ficelée, avec des ellipses lorsqu’elles sont nécessaires, des personnages profonds et attachants -et ce bien qu’ils soient peu dépeints physiquement-, des notes d’humour où on les attend le moins, et des œillades à nous en faire tourner la tête.

Bien évidemment, c’est la romance entre Elisabeth et Mr Darcy (deux siècles plus tard, ce n’est pas un spoil) qui constitue le fil conducteur du livre, autour duquel s’entremêlent d’autres histoires toutes liées les unes aux autres (Jane et Mr. Bingley ou encore Lydia et Mr. Wickham, par exemple), pour se terminer en une apothéose romantique, qui n’en est que plus passionnée et palpitante que les deux personnages principaux partaient sur de mauvaises bases, à force de quiproquos, d’orgueil et… de préjugés !

Pour ce qui est de l’écrit, Jane Austen a une plume délicate, sensible et en même temps aussi tranchante qu’une lame aiguisée.

J’ai souvent souris face à l’ironie et la moquerie respectueuse des propos d’Elisabeth Bennet, ainsi que de son père Mr. Bennet. Et leurs tournures de phrases sont d’autant plus jouissives que les personnages visés n’ont pas l’air de se rendre compte que l’on se moque gentiment d’eux. Cela permet de créer une complicité entre Elisabeth et la.e lecteur.trice, qui sont les seul.e.s à comprendre les insinuations et allusions discrètes des phrases prononcées.

Par ailleurs, le style de l’écrit -qui date du XVIII & XIXe siècles, rappelons-le- est certes parfois grandiloquent, mais reste aisé à lire. Je me répète, mais quel plaisir de lire des phrases de plus de trois mots, et dont les idées sont si clairement et joliment exprimées qu’il n’y a pas besoin de relire plusieurs fois la phrase en question pour en comprendre le sens !

Et que dire de tous les mots dont j’ai découvert le sens et l’existence : ils sont nombreux ! L’auteure m’a ainsi rappelée qu’il était important de continuer à développer mon vocabulaire, et quoi de mieux pour ce faire que de lire davantage de classiques de la littérature ?

Saviez-vous qu’un dictionnaire répertorie jusqu’à 60 000 mots, mais qu’un.e français.e « moyenne » n’en connait que 1 600 à 5 000 mots, selon la personne, et n’en utilise quotidiennement que… 500 ?! De quoi faire réfléchir et donner envie de lire ! 🙂

Enfin, l’oeuvre de Jane Austen dépeint fidèlement les us et coutumes féminines du XIXe siècle. Le style de vie était totalement différent de maintenant, et c’est amusant de pointer ces écarts. Si je devais en citer quelques-uns :

  • A l’heure où l’on envoie un sms pour en recevoir instantanément la réponse, il fallait rédiger des lettres -dans lesquelles était indiqué tout un tas de détails-, puis attendre des jours durant une réponse, voire plus dans le cas où la lettre se serait perdue en cours de route.
  • Lorsqu’un homme possédait 5 000 ou 10 000 livres de rente par an, il était considéré comme immensément riche. De nos jours, une personne peut être considérée ainsi lorsqu’elle gagne cette somme… par mois ! (Si vous voulez creuser la question, voici un article à ce sujet).
  • Il n’était pas envisageable, à l’époque, de vivre avec un homme sans y être marié. Bien que ce ne soit pas une découverte, cela permet de constater à quel point les droits des femmes ont évolué positivement depuis, et combien il est important de les maintenir, autant que de continuer à se battre pour l’égalité femme-homme.
  • Le quotidien des femmes et des hommes issus de cette société me semblait très oisif. Peut-être me trompé-je, mais c’est ainsi que je l’ai ressenti : chasse, pêche, visite de domaines et organisation de bals pour les hommes ; échanges épistolaires, lecture, breakfast et préparation pour se rendre à des bals pour les femmes (je résume grossièrement). Avouez qu’on est loin du « métro, boulot, dodo » d’aujourd’hui ! 😛

Pour conclure, Jane Austen m’a élevée grâce à sa plume et ses idées, tout en faisant battre mon cœur. Et plus personnellement, je suis heureuse d’avoir déjà trouvé mon Mr Darcy, cet homme qui a su m’attendre pendant des mois sans que cela n’altère ses sentiments, qui m’aime depuis quelques années déjà et que j’aime tout autant.

Du roman à l’écran :

Qui dit succès littéraire, dit souvent adaptation cinématographique, et ce toujours pour notre plus grand bonheur ! (eh oui, j’adore lire, mais j’aime aussi énormément le cinéma)

Ainsi, l’on trouve la mini-série éponyme qui date de 1995, avec Colin Firth et Jennifer Ehle. Mais pour réellement prolonger le plaisir de ce roman de plus de 300 pages, je vous encourage vivement à visionner l’adaptation cinématographique de 2005 avec Keira Knightley et Matthew Macfadyen (respectivement dans les rôles d’Elisabeth et Mr. Darcy).

Cette dernière adaptation est très fidèle au livre, ce qui renforce d’autant plus la satisfaction, et l’alchimie entre les deux personnages crève l’écran, grâce à un superbe jeu d’acteur. A tel point qu’ils ont réussit à faire battre mon petit cœur, chose qui ne m’était encore jamais arrivée au visionnage d’un film dit romantique. C’est dire !

Poursuivre la lecture…

Orgueil et Préjugés ayant connu un tel succès (si mes commentaires précédents ne vont ont pas convaincus, relisez l’article du début :p ), il n’est pas étonnant qu’il ait aussi connu de nombreux « remakes » et « suites ».

Pour citer l’un des plus populaire, on trouve Orgueil et Préjugés et Zombies de Seth Grahame-Smith, un roman parodique paru en 2009 qui reprend la trame et les personnages de l’histoire initiale, pour y ajouter des zombies. Je suis très sceptique à ce sujet : comment peut-on parodier une oeuvre littéraire comme celle-là ?! Je crie au scandale !!! Même si l’effet escompté de mashup est atteint, je ne peux pas tolérer le fait de dénaturer l’âme du roman de Jane Austen. Et j’ai horreur des zombies ! Désolée, mais sans moi pour cette fois. Cependant, si ça vous intéresse, sachez que ce roman a aussi été adapté en film du même titre en 2017, avec Lily James et Sam Riley dans les rôles principaux.

L’on trouve également des adaptations du roman en BD ou manga, qui sont très agréables aussi bien à lire qu’à regarder.

Enfin, en roman moins retentissant mais tout aussi prenant, je nomme Le journal de Mr Darcy d’Amanda Grange (2005), qui se base du point de vue du mystérieux et séduisant Mr. Darcy. Moi qui ne suis pas une fan invétérée des romans relatant l’histoire d’un point de vue différent, car ce sont à mes yeux des œuvres purement commerciales (Grey de EL. James par exemple – vous pouvez retrouver mon article au sujet de la trilogie de 50 nuances ici – , Numéro Quatre de la sage Divergente, ou encore L’appel du sang de la saga Twilight, ne m’ont jamais attirés). Ici cependant, l’auteure Amanda Grange, bien que nous ne retrouvons pas le style littéraire de Jane Austen, reste extrêmement fidèle à l’histoire et ajoute même un peu de contemporanéité dans son épilogue. Vous pouvez retrouver le commentaire de « Reveline » qui reprend tout ce que je pense à ce sujet ici.

 

Et vous, que pensez-vous de l’oeuvre de Jane Austen, de ses adaptations cinématographiques et de ses remakes ?

2 commentaires

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