Le Chant d’Achille – Madeline Miller

Ce livre, sur fond de l’épique Guerre de Troie, mêle Histoire et imagination, et rend compte d’une dévastatrice histoire d’amour et d’un combat entre les dieux et les rois, entre la renommée éternelle et les sentiments humains ! Une ode à l’amour, plus fort que l’orgueil, l’immortalité ou la mort.

Résumé

Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu’Achille est solaire, puissant, promis par sa déesse de mère à la gloire des immortels. En grandissant côte à côte, l’amitié surgit entre ces deux êtres si dissemblables. Indéfectible. 
Quand, à l’appel du roi Agamemnon, les deux jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l’un et la colère de l’autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre… Au risque de faire mentir l’Olympe et ses oracles. 

Pour vous donner envie de vous y plonger…

Si vous avez déjà lu L’Illiade d’Homère (si ce n’est en totalité, du moins en partie) et que vous connaissez de près ou de loin la légende d’Achille et son tristement célèbre talon, arrêtez tout : ce livre est pour vous !

Ici, le personnage principal et narrateur est Patrocle -« honore ton père » en grec-, jeune prince déchu qui va rapidement devenir le compagnon d’Achille -« Aristos Achaion »-, meilleur guerrier de son époque promis à la gloire et l’immortalité, qu’il admire, aime et connait mieux que quiconque.

La légende du rayonnant et talentueux demi-dieu se mêle à l’imagination de l’auteure, qui fait grandir les deux héros et les envoie vers leur tragique destinée, faisant alterner prophéties, combats et accalmies.  Les personnages sont profonds et imparfaits, tantôt aimants, doux et joyeux, tantôt orgueilleux, fiers et meurtriers.

Pourquoi j’ai aimé ce livre ?

J’ai toujours voué une certaine adoration à la mythologie et aux légendes grecques, ce qui est plutôt paradoxal quand j’y repense : moi qui suis une fervente défenseuse des droits des femmes et des animaux, cette période est souvent dépeinte comme tristement sexiste et anti-animaliste (les femmes sont de simples trésors de guerre que les hommes doivent féconder pour prouver leur virilité, tandis que les animaux sont sacrifiés par centaines comme offrandes aux dieux).

Cependant, j’aime cet univers mythique, polythéiste et héroïque. J’étais donc charmée avant même d’entamer ma lecture, et c’est enthousiaste et confiante que je me plongeai dans l’histoire, qui a su me happer dès les premières lignes.

J’ai immédiatement été séduite par la plume fluide et lyrique de l’auteure, qui sait abreuver ses lecteurs.trices de détails réalistes. Ainsi, j’en étais à sentir le goût des figues juteuses sur mes lèvres, à humer l’odeur de la mer, ou encore à percevoir le son des armures s’entre-choquant sur le champ de bataille.

Quant au choix de la narration à la première personne, cela m’a d’abord pris au dépourvu avant de me plaire. En effet, je pensais qu’Achille serait le protagoniste de ce roman, et je fus surprise de découvrir que l’on suivait l’histoire à travers les yeux de Patrocle -dont on n’apprend le nom que tardivement. Je me demandais donc quand et comment Achille serait intégré.

Puis, au fur et à mesure que les chapitres avançaient, je me suis rendue compte qu’Achille était bel et bien au centre du roman, dont il est le véritable héros (dans tous les sens du terme). Patrocle lui voue une telle admiration et un tel attachement qu’il ne parle que de lui, et le connait par cœur.

Finalement, ce choix de rédaction m’a semblé être le plus judicieux; Achille étant un demi-dieu, une légende grecque, un héro, et donc en quelque sorte inaccessible au commun des mortels, je trouve qu’il aurait été presque inconvenant d’avoir un roman rédigé autrement : le personnage aurait perdu de sa superbe, de sa profondeur, de son héroïsme.

Achille se lamentant sur le corps de Patrocle

Pour finir, après avoir été étonnée puis convaincue par ce choix de narration à la première personne, mais connaissant la légende d’Achille (notamment la raison -directe et indirecte- de sa mort), je me demandais jusqu’où irait le roman. Continuerait-il après la mort de Patrocle, et si oui, passerait-on sur un style narratif différent ?

Encore une fois, j’ai trouvé le choix employé judicieux et poétique. 

 

Il me tarde de lire Circé, qui relatera très probablement une partie du périple d’Ulysse dans son retour à Ithaque.

Titre original : The Song of Achilles (2011).

2 commentaires

  • Merci pour ce résumé , on sent vraiment que ce livre vous a plu , ça me donne vraiment envie de le lire.

    J’attends avec impatience vos prochains résumés.

    A bientôt

    M.

    • Bonjour Matthieu,
      Merci pour ce commentaire; en effet, le livre m’a vraiment plu, et c’est d’ailleurs pour ça que j’en parle.
      As-tu eu l’occasion de le lire, ou de lire Circé ?

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